Non à Venise Capitale européenne de la culture !

Comme le suggère l’écrivain Stéphane Hessel dans son dernier ouvrage « Indignez-vous !» ; alors JE M’INDIGNE !

Venise souhaite devenir capitale européenne de la culture en 2019, il faut nous y opposer, je m’y oppose !

Cela peut paraître paradoxal, car Venise est une capitale riche en éléments culturels : architecture, peinture classique, histoire de la ville, art moderne, biennale, festival cinématographique, la liste est longue.

Mais Venise est une sérénissime au cœur de pierre. Elle n’aime pas tous ces étrangers qui viennent à sa rencontre, les yeux émerveillés. Ils ont donc droit à un service minimum : la ville est organisée comme un gigantesque parc d’attraction, le sourire des « Cast Members » de Disneyland en moins.

Cette année, même le Carnaval, cette fête quasi-universelle, est devenue payante. Pouvoir accéder à la place Saint Marc, le jour du saut de l’Ange coûtait 20 euros par personnes, si on ne voulait pas être cantonné aux bords extérieurs de la place.

Sur la place, une fontaine à vin véritable chef d’œuvre du carnaval, en tout cas revendiqué en tant que tel par l’organisation du carnaval, devait être le symbole du partage. A condition toutefois de payer son verre…


Parlons-en du carnaval. Depuis  2003, j’ai la chance de photographier chaque année au Carnaval et chaque année le constat est le même. La fracture entre les costumés et l’organisation du carnaval ne cesse de s’agrandir.

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Vous qui allez visiter la ville, sachez que ces costumés qui vous enchantent, sont tous des passionnés bénévoles, ils ne gagnent pas d’argent, ne sont absolument pas aidés par la ville de Venise, ni par l’organisation du Carnaval. C’est sur leurs fonds personnels qu’ils réalisent leurs costumes, paient leurs voyages, paient chaque billet de vaporetto, etc.

Vous ne verrez que peu de masques lors des manifestations officielles : ils ne sont généralement pas invités !

Vous l’avez compris, malgré toutes ces contraintes, ces costumés sont de véritables passionnés, amoureux de la ville qui pour la plupart ont à leurs actifs plus de dix ans de carnaval, voire même beaucoup plus pour certains. Ils sont majoritairement français, mais il y a aussi des costumés allemands, quelques russes, quelques italiens, peu de vénitiens.

Un costume nécessite de six mois à un an de travail, pour être réalisé entièrement à la main. Chacun a ses petits secrets de fabrication et on constate d’année en année que les costumes deviennent de plus en plus beaux, ouvragés et précieux.

Quelle ville, dans le monde, n’accorderait pas toute son attention à ces deux cent passionnés, venu du monde entier qui consacrent années après années, leurs économies et leurs temps libres, à promouvoir bénévolement l’image de la cité et satisfaire les millions de touristes venus les voir ; satisfaire les millions de téléspectateurs qui les suivent à la télévision ?

Quelle ville, dans le monde, ne leur tendrait pas la main en les associant à l’organisation des festivités ?

Aucune ! Sauf Venise !

La Sérénissime reste recroquevillée sur un Carnaval étriqué, parce que seuls les italiens y retrouvent leurs petits ; étriqué parce que les touristes ne sont qu’une source méprisée de revenus.

Le carnaval de Davide Rampello était prometteur, mais sa direction artistique n’a pas pu, ou n’a pas su tendre la main.

C’est cette absence manifeste de volonté de partage, année après année, pour l’évènement populaire le plus important de l’année, rend inacceptable la candidature de la ville à la dignité de capitale européenne de la culture.

J’ai vécu Lille 2004 – capitale européenne de la culture. C’est vrai que le nord de la France a une tradition reconnue pour sa chaleur et son accueil. C’est vrai que Venise ne peut pas rivaliser avec cette chaleur humaine ; mais il est temps que les choses changent, parce que nos amis Vénitiens n’en peuvent plus !

Pour reprendre le mot que l’un d’entre eux m’a envoyé, dans un français approximatif, au moment où la direction du Carnaval refusait de laisser se dérouler le flash mob que je préparais : « société de la m…. ».

Le flash mob s’est finalement déroulé, parce que les personnes (costumées et non-costumées) qu’y s’y étaient inscrites ont refusé de baisser les bras. Cet évènement a été filmé sans musique puis postsynchronisé tel qu’il aurait dû se dérouler, pour être diffusé sur internet. Il symbolise la joie de partager, d’échanger.

httpvh://www.youtube.com/watch?v=pJaI5qUgIcg

Je vous invite donc à refuser la candidature de Venise en laissant une réponse à cet article. Je communiquerais tous les messages à la commission européenne.

J’appelle un maximum de personnes à relayer cet appel à l’indignation.

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Jann van Brugge

2 Responses to Non à Venise Capitale européenne de la culture !

  • je te suis totalement
    Ni les costumés ni les vénitiens ne se retrouvent dans l’organisation du carnaval
    il est certain que le mépris que subissent ceux qui font le carnaval est totalement inacceptable
    et dieu sait si j’aime Venise et les vénitiens et pas que pendant le carnaval
    Les photos prises pendant le carnaval véhiculent une image extrêmement positive de la ville
    il suffit pour s’en convaincre de regarder les vitrines les livres et les cartes postales et les plaquettes publicitaires des agences de voyage
    Il serait temps que ceux qui en profitent soit conscient de ce que le carnaval leur rapporte sans qu’ils ne déboursent un seul cent pour toute cette “pub”
    le rêve vénitien se véhicule beaucoup grâce au carnaval et tous les sites et blogs qui montre et parle de Venise
    un fou de Venise

  • Pierre-Édouard et Jeannette says:

    Bien d’accord avec toi, Jann.

    Et, au fait, puisque l’époque s’y prête, nous te souhaitons ainsi qu’à la Comtesse Nathalie et à sa p’tite famille, une très bonne année 2012
    Au cours de laquelle nous nous rencontrerons… à Venise, notamment.

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